Le projet de classement au patrimoine mondial
Les îles Marquises au Patrimoine mondial de l’UNESCO

« L’archipel des Marquises comporte 12 îles, dont 6 habitées avec une superficie de 1300 km² ; il est peuplé de 10 400 habitants, soit une moyenne de 8 habitants/km². Les îles sont relativement difficiles d’accès par la mer.
Elles recèlent de somptueux paysages extrêmement rares et préservés ainsi que de multiples sites archéologiques encore non étudiés. 25 sites de conservation importants y sont recensés sur un total de 115 sites en Polynésie française.
Des plantes endémiques sont aujourd’hui gravement menacées (Enu ou palmier des marquises, santal, …) en raison du surpâturage (chèvres, moutons,…). Des variétés de plantes sont considérées aujourd’hui comme éteintes (Ochrosia fatuhivensis, Ochrosia nukuhivensis).
Plusieurs espèces sont menacées : escargots arboricoles (genre Samoana), insectes, ou oiseaux en danger en raison de la présence du rat noir, ou de l’introduction de certaines espèces nuisibles (martin triste, chèvre…).
Le taux d’endémisme floristique de Nuku Hiva est de 55%, de 11% pour les poissons, les îles comptent plus de 52 genres endémiques et plusieurs centaines d’espèces endémiques d’insectes et araignées et l’archipel est considéré comme Zone d’Endémisme pour les Oiseaux (10 espèces d’oiseaux nicheurs endémiques, dont 7 menacées) ;
Hatutu et Nuku Hiva sont des sites prioritaires de l’Alliance for Zero Extinction et sont classés Aires de Biodiversité Prioritaires (sources : Meyer, 2007 et Manu). Les îles ont par ailleurs un grand intérêt culturel ; le nombre et la dimension des sites archéologiques est assez exceptionnel : plates-formes lithiques, pétroglyphes. Le projet de Patrimoine mondial, émane de la population et des élus de l’archipel.
Le dossier était déjà sur la liste indicative de la France depuis 1996. Les deux premiers dossiers en cours concernent les îles de Hiva Oa et Nuku Hiva (et ses îlots associés) » Etat de l’environnement 2007
Aujourd’hui, dans le cadre de la proposition de classement de tout ou partie de l’archipel des Marquises au patrimoine mondial de l’UNESCO, la Polynésie française doit mettre en place des processus de gestion participative des patrimoines naturels et culturels marquisiens afin de démontrer la cohérence de ses intentions et de ses actions. Ces projets de meilleure connaissance, de gestion intégrée, d’étude des savoirs ancestraux et de mise en valeur du patrimoine culturel et naturel constituent une réelle opportunité de promotion du classement au patrimoine mondial.
Les Iles Marquises comportent 7 sites naturels classés dans le cadre de la délibération en faveur de la protection de la nature (Code de l’environnement, version du 27 février 2004), un site en cours de classement ainsi que plusieurs autres sites naturels à la richesse exceptionnelle et dont l’intérêt de conservation a été jugé par un collège d’experts (Meyer et al., 2005) comme haut à prioritaire (Tableau).
| Site | Commune | Classement | Priorités de conservation(Meyer et al. 2005) |
|---|---|---|---|
| Eiao | Nuku Hiva | IV depuis 1971 | Prioritaire |
| Hatutaa | Nuku Hiva | IV depuis 1971 | Haute |
| Motu One | Nuku Hiva | IV depuis 1971 | Basse |
| Toovii et Tekao | Nuku Hiva | Aucun | Prioritaire |
| Terre-Déserte | Nuku Hiva | Aucun | Prioritaire |
| Matahamo et Vaipupui | Nuku Hiva | Aucun | Haute |
| Hanaei et Houtuatua | Ua Huka | Aucun | Haute |
| Vaikivi (et Hitikau) | Ua Huka | Ia et II en partie, depuis 1997 | Haute |
| Baie de Hohoi | Ua Pou | V depuis 1952 | Basse |
| Hakahetau et ses pics | Ua Pou | En cours | Intermédiaire |
| Matahenua, Oave, Teavahaakiti | Ua Pou | Aucun | Haute |
| Mohotani | Hiva Oa | IV depuis 1971 | Prioritaire |
| Temetiu et Feani | Hiva Oa | Aucun | Prioritaire |
| Fatu ’uku | Hiva Oa | Aucun | Haute |
| Haaoiputeomo | Tahuata | Aucun | Haute |
| Baie des Vierges | Fatuiva | V depuis 1952 | - |
| Mounanui et Touaouoho | Fatuiva | Aucun | Haute |
Certains de ces sites ont récemment fait l’objet d’une évaluation, de propositions de gestion précises ou de présentations à la population. Toutefois, la plupart sont encore insuffisamment connus et nécessitent des plans d’action adaptés.
Par ailleurs, l’archipel abrite 35 taxons protégés sur les 168 que compte l’ensemble de la Polynésie française (arrêtés 306 CM du 20 février 2008 et 471 CM du 10 avril 2003). Des plans de conservation ont été récemment mis en place par le Service du Développement Rural (SDR) pour 2 taxons puis par la Direction de l’Environnement (DIREN) pour 4 taxons avec l’appui de guides de randonnée. Actuellement, ce sont 9 taxons protégés (dont 4 taxons dont les semences ont été récoltées par opportunisme) qui sont multipliés en pépinière du fait de la collaboration entre les deux organismes.
Les sites en cours de gestion et les plans de conservation mis en place impliquent par ailleurs directement la population par l’intermédiaire des guides mais également de chasseurs et autres entités associatives ou administratives.