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La flore de Polynésie française

La flore terrestre

credit photo : Butaud Jean-François
Crédit Photo : Jean-François Butaud

Les espèces végétales ont colonisé et se sont établies sur les îles de Polynésie française, il y a plus de 6 millions d’années, grâce à l’action des vents (anémochorie), des courants marins (hydrochorie), des animaux (zoochorie), etc. qui ont permis de transporter les fruits et les graines.

La flore vasculaire est relativement pauvre en nombre d’espèces, en comparaison des continents, mais elle n’en demeure pas moins originale.
Elle comprend environ :
- 900 espèces indigènes, qui constituent la flore « primaire », dont 550 angiospermes ou plantes à fleurs ;
- 1800 espèces introduites, parmi lesquelles 600 sont naturalisées.
Elles se sont donc adaptées aux milieux naturels polynésiens, et constituent la flore secondaire.

Parmi les plantes indigènes, environ 550 ne se trouvent qu’en Polynésie française. Leur distribution géographique peut se limiter à un archipel ou encore à une seule île. Ce sont donc des espèces endémiques.
Le taux d’endémisme de ces espèces végétales indigènes est de 62% (72% si on considère uniquement les angiospermes) et est parmi les plus élevé des îles du Pacifique. La Polynésie française occupe en effet le 4ème rang après Hawaii (89%), la Nouvelle Zélande (82%) et la Nouvelle Calédonie (76%).

Pour donner l’exemple d’une espèce végétale endémique, ayant une forte valeur patrimoniale en Polynésie française, on peut citer la tiare apetahi (Apetahi raiatensis). Cette espèce est endémique de l’île de Raiatea, où on la trouve exclusivement sur le Mont Temehani.

La flore vasculaire indigène et endémique est inégalement répartie sur les différents archipels et îles. En effet, « La diversité du relief, des sols, de la superficie et de l’altitude, qui offre une grande variété de biotopes, leur âge ou leur éloignement plus ou moins grand, entraîne de grande disparité entre les différentes îles et archipels, notamment pour ce qui concerne l’endémisme : l’archipel de la Société, essentiellement composé d’îles hautes, héberge environ 550 plantes indigènes dont 272 endémiques, tandis que les atolls de Tuamotu n’en hébergent que 95, dont 18 endémiques.

Les centres d’endémismes sont essentiellement Tahiti, Rapa, qui a développé des taxons d’ordre supérieur à l’espèce, avec trois genres propres à l’île, Apostates et Pacifigeron (Asteraceae) et Metatrophis (Moraceae), et les Marquises, l’archipel le plus isolé, qui présente le plus fort taux d’endémisme (environ 55 %).

Les forêts tropicales humides de montagne (forêts de nuage) renferment la richesse spécifique et endémique la plus élevée : entre 60% (Moorea, Tahiti, et Rapa) et plus de 70% (Raiatea, Hiva Oa, Ua Pou and Ua Huka) des espèces de flore vasculaire endémique y sont localisées et entre 25% (Moorea et Rapa) et 50% (Hiva Oa, Nuku Hiva, and Ua Pou) de ces endémiques sont restreintes à ces habitats (Meyer, sous presse).

Plusieurs de ces forêts ont été explorées ces dernières années et elles ont un rôle majeur à jouer dans la conservation de la biodiversité de la Polynésie française (sources : JY Meyer, J. Florence, J.M. Butaud) » (Etat de l’environnement de la Polynésie française modifié, 2007)

Le tableau ci-dessous indique le nombre d’espèces végétales vasculaires indigènes, endémiques et le taux d’endémisme pour chaque archipel et pour l’île de Rapa (Australes).

Archipel Nombres d’espèces végétales vasculaires indigènes Nombre d’espèces végétales vasculaires endémiques Taux d’endémisme
Australes 217 48 22%
Gambier 76 11 14%
Marquises 314 174 55%
Société 547 272 50%
Tuamotu 95 18 19%
Rapa 192 81 42%
Polynésie française 880 546 62%

Source : Etat de l’environnement de la Polynésie française modifié, 2007

Les espèces végétales indigènes formant la végétation primaire sont exposées à de nombreuses menaces comme la destruction des milieux naturels, l’introduction de nouvelles espèces, la surexploitation, etc.
Ainsi en 2008, la liste rouge de l’UICN recensait 47 espèces végétales menacées pour la Polynésie française dont :

  • 26 sont en danger critique d’extinction (CR) ;
  • 4 sont en danger (EN) ;
  • Et 17 sont vulnérables (VU).
  • Les algues et les phanérogames marines (plantes à fleurs)

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    Crédit Photo : Joël Orempuller

    Selon Payri et al., 2000, la flore marine polynésienne contient, selon les listes floristiques et bibliographiques publiées, 425 espèces dont :
    - 96 chlorophytes ou algues vertes ;
    - 42 chromophytes ou algues brunes ;
    - 170 rhodophycées ou algues rouges ;
    - et 117 cyanobactéries ou algues bleues.

    Comme pour la flore terrestre, il existe une variabilité de la richesse spécifique de la flore marine au niveau des différents archipels de Polynésie française, le plus riche étant celui de la Société.
    Pour illustrer ce fait, il est possible de citer pour exemple les espèces appartenant au genre Caulerpa : « 15 sont présentes dans l’archipel de la Société, 14 aux Gambier, 10 aux Tuamotu, 3 aux Australes et aux Marquises, et parmi elles, Caulerpa seuratii, C. bikinensis et C. urvilliana sont restreintes aux atolls des Tuamotu » (Payri et al., 2000)

    Sur les 40 espèces de phanérogames tropicales connues, seules 2 espèces de phanérogames marines appartenant au genre Halophila ont été recensées en Polynésie française. « La très faible diversité en phanérogames marines est une des caractéristiques biogéographiques de la flore sous-marine polynésienne » (Payri et al., 2000)

    Liens

    www.herbier-tahiti.pf
    et http://www.herbier-tahiti.pf/biogeographie.pdf

    www.tiaredex.pf

    Documentation :

    La flore de Polynésie volume 1 et 2 de Jacques Florence

    Payri C., R.N’Yeurt A. Orempuller J., 2000. Algues de Polynésie française. Ed Au vent des îles : 320p

    Flore de la Polynésie française (Faune et flore tropicales) par Jacques Florence (Reliure inconnue - 1997)