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Le développement durable

Fondements du développement durable

« Nous n’héritons de la terre de nos parents, nous l’empruntons à nos enfants »

Antoine de Saint-Exupéry

En 1987, c’est le rapport « Notre futur commun », plus connu sous le nom de Rapport Brundtland, qui a instauré le concept de développement durable. Il est issu des travaux de la Commission mondiale sur l’environnement et le développement créée en 1983 au sein des Nations Unies, qui avait pour objet de s’interroger sur la possibilité de trouver les voies assurant à la fois le rattrapage des pays du Sud et la protection de l’environnement. Sa présidence fut confiée à Mme Gro Harlem Brundtland, alors premier ministre de la Norvège.

-  L’éphémère et le durable
A maints égards, nos sociétés modernes ont de plus en plus tendance à privilégier l’instant à la durée. Les consommateurs en veulent toujours plus, toute de suite, et à moindre coût. La médiatisation grandissante nous propulse dans une société de l’instant et de l’évènement. Le phénomène de financiarisation du capitalisme génère des profits aussi colossaux que volatils (comme le prouve la crise financière mondiale actuelle). Les Etats-nations, de plus en plus désargentés, ont du mal à financer des investissements sur le long terme. En réaction à cette omniprésence de l’éphémère, on voit monter un peu partout une aspiration en faveur du durable, laquelle repose sur une inquiétude sourde face à un avenir incertain et s’appuie sur des leçons tirées du passé de l’humanité.

Nombre de civilisations ont en effet disparu faute d’avoir réussi à reproduire des composantes essentielles de leur capital. C’est un phénomène bien connu s’agissant du capital économique. Mais la règle s’applique aussi au capital d’équité social ou au capital naturel de la planète. Pour insuffler du durable dans la marche de nos sociétés actuelles, il convient de combiner plus étroitement la dimension économique avec des préoccupations écologiques et sociales. C’est à cette tâche que se sont attelés un certain nombre de pionniers à partir des années quatre-vingt et qui a abouti en 1987 au concept de développement durable.

-  La genèse du concept

Ce vocable est la traduction française de l’expression anglaise sustainable developement apparue pour la première fois en 1980. Cette traduction est discutable dans la mesure où le mot sustainable renvoie moins à l’idée de durée qu’à la capacité d’un phénomène à s’auto entretenir et à résister aux menaces. Mais l’expression « développement durable » s’est à présent imposée, abondamment utilisée par les hommes politiques de tous bords et les médias.

Le Rapport Brundtland se fonde sur une vision intergénérationnelle en le définissant comme « la capacité à répondre aux besoins des générations présentes sans compromettre celle des générations futures ». Si on considère qu’une génération représente environ 25 ans, l’unité des temps de référence devient donc le quart de siècle et il s’agit dès lors d’appréhender les conséquences de nos actions à 25, 50, 75 ou 100 ans. Cela constitue une rupture très forte avec les usages en vigueur. En effet, de tels horizons dépassent de beaucoup les préoccupations habituelles des décideurs politiques qui ont plutôt l’habitude de raisonner et de décider en fonction d’échéances électorales rapprochées.

Le second apport important du rapport Brundtland concerne l’élargissement de la notion de « capital », officialisée en 1995 lors du Sommet mondial sur le développement social, avec l’identification de trois dimensions devant être intégrées dans toute démarche de type développement durable : l’économie, l’environnement et le social. Concrètement, cela signifie que pour être soutenable dans le temps, le développement d’une société implique la reproduction et l’accroissement :

  • Du capital économique traditionnel ;
  • Du capital écologique composé de toutes les ressources naturelles héritées des générations précédentes ;
  • Du capital d’équité social, que l’on identifie à la capacité d’intégration d’une collectivité, laquelle dépend en particulier de l’accès aux richesses produites par tous et de leur mode de répartition entre tous.
  • Le Rapport Brundtland à constitué l’une des inspirations majeures de la conférence des Nations Unies, appelée aussi « Sommet de la terre » qui s’est tenue à Rio en 1992. Un autre sommet s’est tenu en 2002 à Johannesburg en vue d’examiner la compatibilité d’une croissance économique forte avec l’écologie de la planète et la satisfaction des besoins de la population mondiale. L’eau et l’énergie en étaient les thèmes d’action prioritaires. Ce sommet s’est clôt sur un catalogue d’objectifs, rarement chiffrés ou datés, rappelant néanmoins les parties prenantes au respect de leurs engagements en matière de développement durable.

    Mais, force est de constater que l’on est encore loin du but aujourd’hui : la planète est toujours confrontée à une pauvreté persistante, à la dégradation constante de son environnement, à des modes de consommations (notamment des ressources naturelles) non durables, et le fossé entre les riches et les pauvres n’est pas prêt d’être comblé. 1,1 milliard d’êtres humains n’ont toujours pas accès à l’eau potable et 1,6 milliard n’ont pas d’électricité. Si le concept de développement durable a bien été défini, il reste encore à réduire significativement l’écart entre la théorie et la pratique. C’est la responsabilité de chacun…