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Les milieux naturels terrestres

 Des milieux naturels terrestres peuplés par des végétations aux caractéristiques différentes selon les îles.
190 unités de végétation ont été recensées, dont 25 et 38 sont respectivement considérées comme nuisibles et patrimoniales

 

La répartition des formations végétales entre archipels est très variable du fait des caractéristiques écologiques spécifiques à chaque archipel ou à chaque île (climat plus sec et chaud aux Marquises, plus humide et frais aux Australes, substrat corallien dans les atolls des Tuamotu).

Sur une même île, l’étagement de la végétation, depuis les groupements de basse altitude jusqu’aux groupements sommitaux, sont fonction des conditions climatiques (pluviométrie et température). S’y ajoute une végétation de type azonale, fonction des conditions environnementales très locales, comme les formations marécageuses.

Dans le tableau ci-dessous ont été reportées les séries écologiques de la végétation azonale et zonale

Source : F. Jacq, 2014

Végétation

Série écologique

(J.Florence, 1993)

Pluviométrie

Hygrométrie

Etage (Papy,1948)

Azonale

Littoral

<2m/an

 

Xerotropical (<2m/an)

Para-littoral

supra-littoral

Zonale

Xérophile - sèche

<2m/an

 

Mésophile – semi-sèche

<3m/an

 

pluviotropical (>2m/an)

Hygrophile - humide

>3m/an

 

Ombrophile - "forêt de nuages"

>3m/an

Hygrométrie élevée, entretenue par une ceinture nuageuse diurne d'origine orographique

 

Les données sur la végétation sont encore largement éparses et incomplètes sur l’ensemble de la Polynésie française. Néanmoins, l’essor cette dernière décennie des inventaires floristiques et des Systèmes d’Information Géographique (SIG) ont permis d’améliorer considérablement les connaissances sur la végétation du Pays. Actuellement, 17 îles hautes et 10 atolls ont fait l’objet d’une carte de végétation de l’île entière ou partiellement contre 13 au total en 2006. Ces cartes sont généralement conçues pour les gestionnaires des espaces naturelles (Direction de l’environnement), pour les plans d’aménagement (SDR-FOGER ; PGA – SAU), ou les associations de protection de l’environnement notamment pour des plans de conservation d’oiseaux menacés (SOP Manu, ARSH-EIAO) ou pour la Recherche en télédétection (Gepasud, CIRAD).

 

Si les plantations forestières sont relativement bien connues, aucun inventaire forestier global n’a jamais été lancé en Polynésie française, seulement sur quelques domaines forestiers souvent disparates (Raiatea : Faaroa ; Nuku Hiva : Bambridge & Terre-Déserte Nord), limitant notamment la connaissance concernant les forêts primaires et secondaires (Defranoux, 2010).

 

En 2010, à la demande du Service de l’Urbanisme (programme ARAI3), avec l’appui technique du BRGM, une synthèse des formations végétales déjà recensées a été réalisée afin d’étudier l’influence de la végétation sur la stabilité des terrains en Polynésie française (Sedan et al, 2013). Cet inventaire a été réalisé sur 28 îles ou îlots, où des mouvements de terrain de versant sont redoutés. Pour ce faire, une synthèse exhaustive de la bibliographie a été faite et complétée, dans la mesure du possible, par d’autres observations de terrain.

 

Les unités de végétation

 

Au total, 190 unités de végétation ont ainsi été répertoriées sur les 28 îles hautes de 3 grands archipels (Société, Marquises, Australes-Gambier).

Certaines formations végétales sont équivalentes d’un archipel à un autre (même plantes dominantes) mais diffèrent souvent par plusieurs taxons endémiques à l’archipel présent en sous-bois. Près de la moitié des formations végétales recensées sont des forêts, contre un tiers pour les atolls.

Parmi les 190 unités de végétation recensées :

- 25 sont considérées comme « nuisibles ». Cette dénomination se base sur les arrêtés qui déterminent les espèces « menaçant la biodiversité en Polynésie française » qui sont les taxons dominants de ces formations généralement paucispécifiques (arr. n° 1301 CM du 15/11/2006). Les habitats nuisibles les plus connus sont les forêts à Pisse-pisse ou Tulipier du Gabon (Spathodea campunulata), à Miconia calvescens, à Faux Pistachier (Syzygium cumini) et à Faux-acacia (Leucaena leucocephala).

- 38 formations végétales des îles hautes sont considérées comme « patrimoniales » du fait de sa composition presque exclusive d’espèces (flore et faune) patrimoniales (endémiques, protégées) ou indigène voir de la physionomie remarquable de cette formation (ex. forêt cathédrale à Pisonia).

 

Définition des statuts

 

Nuisible

Habitat qui prolifère au détriment de la végétation naturelle, dont son ou ses taxons dominants sont classés comme « menaçant la biodiversité en Polynésie française » par la législation en vigueur (arr. n°1301 du 15/11/2006) ;

Envahissant

habitat qui prolifère au détriment de la végétation naturelle, mais sans que son ou ses taxons dominants ne soient classées comme "menaçant la biodiversité en Polynésie française ;

Naturalisé

habitat anthropique dont la plante dominante est une espèce introduite qui s'est naturalisée (capable de se reproduire et de se disséminer sans l'aide de l'homme) sans pour autant être envahissant ;

Anthropisé

habitat dont les plantes dominantes sont plantées et entretenues par l'homme ;

Indigène

habitat naturel, composé majoritairement d'espèces indigènes sans abriter particulièrement une ou plusieurs espèces patrimoniales (flore et faune) ;

Patrimoniale

habitat naturel composé (presque) exclusivement d’espèces (flore et faune) indigènes et patrimoniales (endémiques, protégées).

 

Répartition des unités de végétation par statut pour différents archipels









  Anthropisé  Envahissant Indigène Naturalisé Nuisible Patrimoniale Total
Société 12   21 12 16 19 80
Marquises 8 4 14 9 8 12 55
Australes-Gambier 13   21 8 6 7 55
Tuamotu 5 1 18 1 2 4 31
Total 33 4 56 29 30 38 190