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Les milieux naturels marins

 

 

 

 

En Polynésie française, il est possible de distinguer plusieurs milieux marins qui sont :

 

- Le large ;

- Les monts sous-marins ;

- Les récifs coralliens.

 

Le large

 

Avec une superficie de plus de 5 millions de km², la Zone Economique Exclusive (ZEE) polynésienne est la deuxième du Pacifique Sud.

Les eaux de la ZEE sont sous l’influence de deux « systèmes » océanographiques majeurs aux caractéristiques très différentes : le grand gyre du Pacifique Sud et l’upwelling équatorial.

 

Les eaux qui baignent les archipels polynésiens sont marquées par une forte structuration verticale, essentiellement contrôlée par le facteur thermique, et se présentent comme une superposition de couches homogènes d’une grande stabilité, rendant difficiles et lents les échanges verticaux ; des variations interannuelles de plus grandes ampleurs peuvent néanmoins se produire (phénomène ENSO, cyclones …).

 

Quatre grandes « régions océanographiques » aux caractéristiques différentes peuvent ainsi être définies.

- La zone sous influence équatoriale (1) : nord Marquises, soumise à l’influence directe de l’upwelling équatorial et du courant équatorial sud ;

- La zone de transition (2) : sud Marquises semble marquer la transition entre la couche euphotique tropicale très oligotrophe au sud et les eaux plus riches alimentées par l’upwelling au nord ;

- La zone tropicale stricto sensu (3) : Société – Tuamotu nord et est, sous l’influence du grand gyre du Pacifique Sud. présente une couche superficielle de mélange à salinité très élevée et des teneurs en sels nutritifs dissous extrêmement basses ;

- La zone subtropicale (4) : Australes, aux eaux de surface plus froides, marque le passage progressif des eaux tropicales aux eaux subtropicales.

 

Les monts sous-marins

 

Il existe plusieurs monts sous-marins dans la ZEE de Polynésie française et certains d’entre eux ont été explorés : monts sous-marins Rigault de Genouilly (archipel de la Société), du Lotus (archipel des Australes), le mont Raivavae, le Banc Président Thiers (archipel des Australes) ainsi que 4 hauts fonds situés à l’ouest des Tuamotu et à l’ouest des Îles Sous-le-Vent.

 

Les récifs coralliens

 

Les récifs coralliens constituent un écosystème côtier intertropical d'une extrême richesse spécifique, à l'égal des forêts tropicales humides, et sont d'une grande productivité.

Il s'agit du seul écosystème dont les organismes vivants, les madréporaires (ou coraux), élaborent leur propre squelette, à partir duquel va se développer une communauté très riche en espèces. Tous les groupes zoologiques d'invertébrés y sont représentés, qu'il s'agisse des communautés benthiques (qui vivent à proximité du fond), nectoniques (qui vivent dans la colonne d'eau et qui s'y déplace activement) et planctoniques (qui vivent dans la colonne d'eau et qui s'y déplace passivement).

 

Les principaux embranchements sont les cnidaires (coraux, méduses, etc.), les spongiaires (éponges), les mollusques (bénitiers, poulpes, etc.), les échinodermes (oursins, concombres de mer, étoiles de mer, etc.), les crustacés (langoustes, crabes, squilles, etc.), les vers, qui peuvent être représentés par des milliers d'espèces dans un seul récif de quelques hectares. Phanérogames (plantes à fleurs et à graines), algues et poissons sont tout aussi bien représentés.

 

Si la richesse de la flore et de la faune récifales de Polynésie n'est pas très élevée, en comparaison avec d'autres régions du monde, et si certains habitats associés aux récifs sont totalement absents ou secondairement représentés (mangroves, vasières, herbiers...), en revanche les archipels et atolls polynésiens sont parmi les plus belles édifications récifales du Pacifique.

Les formations récifales sont caractérisées par une rare diversité géomorphologique (récifs frangeants, récifs barrières, différents types d’atolls depuis les atolls ouverts aux atolls fermés et même un atoll soulevé, bancs récifaux). Ces formations, en particulier dans l’archipel de la Société, illustrent de façon spectaculaire la théorie de la formation des atolls, depuis le volcan à peine colonisé par les coraux (Mehetia) jusqu’à l’atoll. L’archipel des Tuamotu, avec quelques 80 atolls, compte près de 20% des atolls du monde. Les archipels des Tuamotu et de la Société présentent un intérêt "historique" puisqu’ils furent les premiers sujets d’étude de Darwin sur la géomorphologie des récifs coralliens et l’évolution.

 

Les archipels sont très différents : îles hautes à différents stades et atolls dans l’archipel de la Société, atolls dans l’archipel des Tuamotu, récifs et atolls des Gambier ou des Australes. Seules les Marquises n’ont pas de récifs coralliens vraiment développés et le milieu récifal y est très particulier. Ces îles hautes ont une origine volcanique, chacune constituée par un ou plusieurs anciens volcans et une caldeira en partie effondrée. Il existe cependant plusieurs constructions coralliennes isolées et quelques formations récifales, à Nuku-Hiva (baie de Taiohae, Tai Oa, du Contrôleur, Anaho, Hatiheu, Haapo), à Ua Huka (baie de Hane) et des communautés récifales présentes le long des pentes abruptes des îles, ainsi que des formations à recouvrement d’algues encroûtantes. Plusieurs bancs récifaux s’étendent également autour des îles. Diverses études confirment par ailleurs l’existence de structures morphologiques ennoyées : présence d’une plateforme sous-marine (aux alentours de 80m de profondeur) autour des îles Marquises qui correspondrait à un récif barrière ennoyé et de plusieurs terrasses sous-marines récifales (de 55 à 120 m de profondeur) ainsi que de grandes plateformes se prolongeant parfois très au-delà des îles actuelles (comme à Eiao) qui s’avèrent être de vastes étendues de banquettes et bancs récifaux fossiles ; les études montrent que dans le passé (probablement au Quaternaire terminal), l’extension des formations récifales aux Marquises était probablement plus importante que de nos jours. (Cabioch, 2006).