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Les espèces animales envahissantes

 

Les espèces animales envahissantes

 

En Polynésie française, de nombreuses espèces animales ont été introduites : 12 espèces de mammifères, 13 espèces d’oiseaux, 11 espèces de poissons, 3 espèces de reptiles, des insectes, des mollusques, etc. Parmi ces espèces, certaines ne se sont pas acclimatées et d’autres sont devenues envahissantes, avec des impacts négatifs au niveau écologique (menace pour certaines espèces indigènes), économique (diminution des rendements agricoles, pertes de récoltes), et de la santé humaine (vecteurs de maladies).

Pour citer quelques exemples :

« L’escargot carnivore Euglandina rosea, introduit à Moorea pour lutter contre l’escargot géant africain Achatina fulica introduit en 1974, est directement responsable de l’extinction de 52 des 58 espèces de artula, de 3 des 5 espèces de Samoana et de tous les escargots endémiques appartenant au genre Trochomorpha, à l’exception de deux espèces, T. cressida, endémique de Tahiti, et T. pallens, endémique des îles de la Société. » (Etat de l’environnement de la Polynésie française, 2007).

« La mouche cicadelle pisseuse (Homalodisca vitripennis) est originaire du Sud-est des Etats-Unis (Floride, Georgie, etc.) et du Mexique. Elle a été découverte en Polynésie française pour la première fois à Tahiti en 1999. Elle est présente sur Moorea, sur toutes les Iles sous le Vent, sur Nuku Hiva aux Marquises, et à Tubuai et Rurutu aux Australes. Elle a probablement été introduite avec des plantes ornementales importées de Californie. Les populations de cicadelle pisseuse ont soudainement explosé à partir de 2000 à Tahiti.

En 2003, la population était environ 1000 fois plus abondante à Tahiti que dans son aire d’origine et 10 fois plus abondante qu’en Californie.

L’espèce se nourrit et se reproduit sur plus de 300 espèces végétales dans au moins 35 familles (agricoles, plantations ornementales, espèces indigènes, etc.) est constitue une importante source de perturbations agricoles (diminution des rendements, de la qualité des fruits etc. Mais sa principale menace réside dans sa capacité à transmettre une bactérie, Xylella fastidiosa, qui en se répliquant dans le xylème, entraîne la mort de la plante par dessèchement. Cependant, la présence de Xylella n’est pas encore avérée en Polynésie française. » (Soubeyran, 2008).

 

L’oiseau « Le Bulbul à ventre rouge, Pycnonotus cafer, qui a un comportement agressif vis-à-vis des autres oiseaux indigènes et participe à la dissémination de plantes exotiques envahissantes » (Etat de l’environnement de la Polynésie française, 2007).

« Le moustique Aedes aegypti a été accidentellement introduit sur Tahiti vers 1924. C’est le vecteur principal de la dengue qui est aujourd’hui la maladie épidémique la plus importante de Polynésie française. Il est présent sur toutes les îles de Polynésie française sauf dans l’île de Rapa (Australes) au climat subtropical. » (Soubeyran, 2008).

« Les rats noirs, Rattus rattus, sont particulièrement nuisibles ; ils exercent une prédation sur les oeufs, les juvéniles ou les individus adultes qui les couvent ; ils seraient la cause première de disparition des oiseaux dans le Pacifique.

En Polynésie, ils sont responsables de l’extinction de sous-espèces de Monarques dans 5 îles des Marquises et menacent plusieurs espèces endémiques,

le Monarque de Tahiti (Pomarea nigra), le Monarque de Fatu Hiva (Pomarea whitney, les Gallicolombes (Galicollumba erythroptera). Ils menacent également le santal, par exemple, qui a du mal à se régénérer en raison de la prédation totale des fruits par les rats. » (Etat de l’environnement de la Polynésie française, 2007).

 

 

 

 

« La Petite Fourmi de Feu ou PFF est un véritable fléau. Dans les zones urbaines, la nuisance vient de leur prédisposition à piquer les humains et les animaux domestiques, où les piqûres répétées peuvent conduire à la cécité. Sur le plan économique les fourmis ont un impact dans le domaine de l’agriculture, l’élevage, l’apiculture et du tourisme. Dans les zones agricoles, Wasmannia auropunctata peut être un ravageur agricole significatif. W. auropunctata pose de graves problèmes de conservation de la biodiversité ; réduction du nombre d’espèces arthropodes dans les zones infestées (richesse & diversité), diminution de l’abondance des insectes volants et des insectes arboricoles. Elle peut favoriser au contraire l’explosion de certaines espèces phtytophages, source de déséquilibre pour les écosystèmes.

Elle est une menace sur des espèces reconnues comme patrimoniales :

exclusion de sites, réduction du succès reproducteur et survie des jeunes. Les capacités de dispersion de W. auropunctata sont faibles, les colonies se propagent à court terme par bouturage. La dispersion à longue distance est assistée par les activités humaines. La première priorité est de ne pas la disperser vers de nouveaux sites (Jourdan, 2005). » (Etat de l’environnement de la Polynésie française, 2007).

Pour en savoir plus sur la PFF, cliquez ici

compte tenu des menaces que représentent certaines espèces, la code de l’environnement de la Polynésie française, dans son article A. 123-3 dresse une liste de 11 espèces animales menaçant la biodiversité, et pour lesquelles la réglementation prévoit les mesures particulières suivantes :
· interdiction d’importation nouvelle en Polynésie française , sous tous régimes douaniers et qu’elle qu’en soit l’origine, ; 
· interdiction de propagation et interdiction de transfert d’une île à l’autre.

La destruction des espèces suivantes est autorisée :

Pour les oiseaux : 
[-]  le Grand Duc d’Amériques (Bubo virginiatus), 
[-]  le Busard de Gould (Circus approximans), 
[-]  le merle des Moluques (Acridotheres tristis) 
[-]  le bulbul à ventre rouge (Pycnonotus cafer) ;

Pour les reptiles : 
[-]  la tortue de Floride (Trachemys scripta) ;
Pour les mollusques : 
[-]  l’escargot carnivore de Floride (Euglandina rosea) ;
Pour les insectes : 
[-]  la petite fourmi de feu (Wasmannia auropunctata). 

Elle fait l’objet des mesures complémentaires suivantes :
· le transfert intentionnel et en connaissance de cause de tous matériaux divers infestés tels que les déchets verts, la terre et autres débris, les plantes, depuis les zones infestées, vers les zones indemnes, est strictement interdit ;
· les engins lourds travaillant dans les zones infestées sont désinsectisés par l’application d’un produit de traitement adapté à la lutte contre les fourmis de feu, en fin de travaux et avant tout mouvement vers d’autres zones ; 
· pour faciliter la lutte et le repérage des colonies, les propriétaires ou locataires des terrains infestés par la petite fourmi de feu, dès qu’ils en ont connaissance, en font la déclaration à la direction de l’environnement. Ils doivent prendre toutes les mesures économiquement et écologiquement appropriées pour traiter leurs terrains et sont également tenus de laisser le passage sur leur terre aux agents publics et à leurs équipes chargées de la lutte contre la petite fourmi de feu.

Pour les mammifères : 
[-]  la souris commune (Mus musculus), 
[-]  le rat polynésien (Rattus exulans), 
[-]  le rat surmulot (Rattus novegicus)
[-]  le rat noir (Rattus rattus).

Ils font l’objet des mesures complémentaires suivantes :

· Toutes mesures préventives, et notamment la dératisation et la pose de pièges, sont prises par les transporteurs et les personnes responsables des sites de débarquement des matériaux et marchandises à destination des îles, pour prévenir l’introduction de tout rongeur menaçant la biodiversité dans les îles, atolls, îlots et motu réputés indemnes de rongeurs ; 

· les sites d’embarquement, les aires de stockage et de dépôt des matériaux et marchandises à destination des îles font l’objet, par tous moyens appropriés et efficaces, de mesures régulières et continues d’élimination des rongeurs ; 
· le transport inter et intra-insulaire de matériaux et marchandises en stock pouvant abriter des rongeurs fait l’objet de dératisation. Les chargements sont dératisés au préalable ainsi que les moyens de transports terrestres, maritimes ou aériens ; 
· les sites de débarquement, les aires de stockage et dépôts de matériaux et marchandises dans les îles réputées indemnes d’au moins une espèce de rongeurs menaçant la biodiversité sont équipés de dispositifs appropriés et efficaces permettant l’élimination desdits rongeurs.

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