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La réserve de biosphère de la commune de Fakarava

  

La réserve de biosphère de la commune de Fakarava

 

Situation de la réserve – Description

 

La Réserve de biosphère de la commune de Fakarava, qui est formée par les communes associées de Fakarava, Kauehi et Niau, est située dans l’archipel des Tuamotu.

 

Elle est constituée par 7 atolls : Aratika, Fakarava, Kauehi, Niau et Raraka qui sont habités ; Toau qui héberge une ferme perlière à l’est et une famille qui tient une petite structure touristique à l’ouest et Taiaro qui est inhabité.

La population totale de la commune s’élève à 1 581 habitants : 824 pour la commune associée de Fakarava, 531 pour celle de Kauehi et 226 pour celle de Niau (source : Recensement Général de la Population 2012, ISPF).

 

Cette réserve de biosphère qui fait partie d’un réseau international est unique de par sa composition et ses caractéristiques. En effet, tous les atolls qui la composent diffèrent de par leur population, leur taille, leur forme, leur ouverture ou pas sur l’océan (présence ou non de passe, etc.). Ils représentent ainsi la diversité des atolls qu’il est possible de trouver dans l’archipel des Tuamotu, allant du grand atoll de Fakarava ouvert, au petit atoll de Taiaro qui est fermé.

 

Les caractéristiques des différents atolls ont été reportées dans le tableau ci-dessous.

Nom de l'atoll

Commune associée

Superficie totale

Superficie Couronne récifale

Superficie Lagon

Superficie Motu

Rapport entre taille lagon et totale

Nombre de passes

Aratika

Kauehi

        17 350  

        2 853  

        14 500  

          830  

84%

2

Fakarava

Fakarava

      122 100  

        5 200  

      115 300  

        1 600  

94%

2

Kauehi

Kauehi

        36 679  

        4 684  

        31 995  

        1 500  

87%

1

Niau

Niau

          5 700  

        2 400  

          3 300  

        2 156  

58%

0

Raraka

Kauehi

        38 427  

        4 257  

        34 270  

          700  

89%

1

Taiaro

Kauehi

          1 331  

           428  

             923  

          330  

69%

0

Toau

Fakarava

        67 300  

      11 200  

        56 100  

        1 200  

83%

3

Total commune

      288 887  

      31 022  

      256 388  

        8 316  

89%

 

NB : Les superficies sont exprimées en hectares.

 

L’atoll de Aratika

Aratika est un atoll de taille moyenne (20 km dans sa plus grande longueur et 16 km dans sa plus grande largeur) qui est ouvert sur l’océan par deux passes, celle de Tamaketa au nord-ouest et celle de Fainukea au nord-est.

Les terres émergées sont partagées en 45 petits “motu” ou îlots, ce qui a permis une répartition de la population tout autour de l’île.

Les principales activités de cet atoll sont la pêche, la perliculture et la coprahculture.

Cet atoll est desservi par Air Tahiti.

 

L’atoll de Fakarava

L’atoll de Fakarava est le second plus grand atoll de Polynésie française de par sa taille (60 km dans sa plus grande longueur et 25 km dans sa plus grande largeur). Il a une forme rectangulaire et est ouvert sur l’océan par deux passes qui sont opposées : la passe de Garuae au nord, proche du village de Rotoava et la passe de Tumakohua au sud, proche de l’ancien village de Te Tamanu.

La faune lagonaire de cet atoll est abondante et diversifiée.

La flore est typique des atolls.

Les principales activités de l’île sont la pêche, la perliculture, la coprahculture, l’agriculture, l’artisanat et le tourisme principalement sportif, car il est très orienté vers la pratique de la plongée sous marine.

L’atoll est muni d’un aérodrome et est desservi par Air Tahiti.

 

L’atoll de Kauehi

L’atoll de Kauehi est de taille moyenne (24 km dans sa plus grande longueur et 18 km dans sa plus grande largeur). Il est ouvert sur l’océan par l’unique passe de Arikitamiro qui est large et profonde.

La principale activité de l’île est la coprahculture. La pêche y est limitée en raison de la présence d’espèces ciguatoxiques comme les mérous, les poissons perroquets, les becs de canne, etc. La perliculture est également pratiquée mais a été mise à mal par la crise économique que subit cette filière depuis plusieurs années.

L’atoll est desservi par Air Tahiti.

 

L’atoll de Niau

L’atoll de Niau est de petite taille (10 km dans sa plus grande longueur et 7 km dans sa plus grande largeur). Il possède la particularité, suite aux mouvements tectoniques qu’il a subi, de présenter des récifs coralliens surélevés (au plus de 7,5 m) et érodés appelés “feo” ainsi que des grottes souterraines et sous marines. Complètement fermé, les eaux du lagon présentent une faible salinité qui interdit le développement des coraux et privilégie la formation de Kopara (dépôt algal spécifique). La faune lagonaire est donc peu diversifiée mais particulière par rapport aux autres lagons d’atolls. La faune et la flore terrestres comptent plusieurs espèces endémiques comme le martin chasseur (oiseau), certains coquillages ou le palmier de Niau.

Les principales activités sont la coprahculture et l’artisanat lié à la collecte des coquillages appelés “pupu Niau”.

Cet atoll est desservi par Air Tahiti.

 

L’atoll de Raraka

L’atoll de Raraka est de taille moyenne (25 km dans sa plus grande longueur et 19 km dans sa plus grande largeur). Il est ouvert sur l’océan par l’unique passe située au nord de l’atoll : Manureva.

La faune lagonaire de cet atoll est abondante et diversifiée.

Les espèces d’oiseaux y sont diversifiées et la végétation est typique des atolls des Tuamotu.

Les principales activités de cet atoll sont la pêche et la coprahculture.

Cet atoll est uniquement accessible par voie maritime.

 

L’atoll de Taiaro

L’atoll de Taiaro est de petite taille (6 km dans sa plus grande longueur et 4 km dans sa plus grande largeur). C’est un atoll fermé (qui ne possède pas de passe) qui présente plusieurs îlots ou “motu”. Les eaux du lagon ne communiquent avec celles de l’océan que lors de fortes houles et sont donc peu renouvelées (temps de résidence élevé). Elles ont donc une salinité qui est supérieure à celle des lagons d’atolls où les eaux sont plus renouvelées (avec respectivement 43 g.l-1 contre 37 à 39 g.l-1). Cet atoll est inhabité et est celui de la commune qui a été le plus étudié.

 

Les différentes caractéristiques de cet atoll lui donnent un caractère unique, c’est pour cela que le lagon de l’atoll de Taiaro a été classé en réserve naturelle intégrale à la demande du propriétaire des lieux M. Robinson, par l’arrêté n°2456AA du 1er aout 1972. Par la suite, cette réserve a été étendue à l’ensemble de l’atoll et une zone océanique de 1 km de large.

 

L’atoll de Toau

L’atoll de Toau est de taille moyenne (36 km dans sa plus grande longueur et 21 km dans sa plus grande largeur). Il est ouvert sur l’océan par 2 passes : Otugi et Fakatahuna et une fausse passe. Il présente plusieurs sites de plongée sous marine.

Cet atoll est considéré comme un garde-manger par les habitants de l’atoll voisin de Fakarava. Il possède des peuplements de poissons qui sont riches et diversifiés. La végétation de l’atoll est dominée par la cocoteraie.

Il est peuplé par une dizaine d’habitants qui vivent de la coprahculture, de la pêche et de la perliculture.

Cet atoll n’est accessible que par voie maritime.

 

Arrêtés et historique du classement

 

L’histoire de la réserve de biosphère a débuté en janvier 1977, par le classement de l’atoll de Taiaro, qui a été le premier à bénéficier de ce type de classement et à intégrer un réseau international reconnu. Lorsque les orientations du programme MAB (l’homme et la biosphère) ont changé suite à la mise en place de la stratégie de Séville, en 1995, l’atoll de Taiaro ne répondait plus aux critères car il était inhabité. Il a alors été décidé d’étendre la réserve de biosphère de Taiaro à l’ensemble des atolls de la commune de Fakarava. Cette décision a été prise en concertation avec la commune et la population, afin de conserver le classement qui peut se justifier compte tenu du patrimoine naturel et culturel que comptent ces îles ; de reconnaître la gestion ancestrale de ces atolls par leurs habitants ; parce que ce type de classement est favorable au développement durable et plus particulièrement au développement touristique.

Ainsi, l’ensemble des atolls ont été classés en réserve de biosphère en octobre 2006, après une longue procédure de consultation avec les populations locales.

 

Caractéristique de la réserve

 

Cette réserve a été créée en raison de ses caractéristiques particulières et de son patrimoine naturel et culturel.

 

La surface de la réserve de biosphère de la commune de Fakarava (7 atolls) est de 2 682 km2 (marine : 2 564 km2 ; terrestre : 118 km2).

A noter que les différences qui existent avec les valeurs données dans le paragraphe situation de la réserve-description s’expliquent par l’utilisation d’outils de cartographie qui permettent de calculer les surfaces.

 

La limite extrême de la réserve est formée par un périmètre situé à 1 kilomètre à l’extérieur de la crête récifale (côté océan) de chacun des atolls.

 

Comme toutes les réserves de biosphère, celle de la commune de Fakarava présente un zonage comprenant des aires centrales, des zones tampon et des aires de transition.

 

Les surfaces de ces différentes zones ont été reportées dans le tableau ci-dessous.

 

Zone

Surface totale en km2

Surface terrestre en km2

Surface marine en km2

Centrale

530

18

512

Tampon

938

57

881

Transition

1 214

43

1171

 

Cette réserve de biosphère possède deux outils réglementaires : un Plan Général d’Aménagement (PGA) adopté par l’arrêté n° 976 CM du 12 juillet 2007 et un Plan de Gestion de l’Espace Maritime adopté par l’arrêté n° 932 cm du 4 juillet 2007, qui sont destinés à maîtriser l’organisation, l’utilisation, et la gestion des zones terrestres et marines de la réserve.

 

La réserve de biosphère de la commune de Fakarava prend en compte des habitats variés :

 

- les formations coralliennes (les motu, le lagon et ses karenas, les hoas, la pente externe et les passes) ;

- les forêts primaire à Pisonia grandis, les cocoteraies et autres formations végétales caractéristiques des atolls ;

- des herbiers de phanérogames marines ;

- les mares à Kopara (dépôts algaux spécifiques).

 

Elle présente également une faune et une flore remarquable avec des espèces endémiques, protégées ou rares  :

- la faune et la flore associées aux récifs coralliens ;

- une espèce végétale endémique stricte de l’atoll de Niau (Myrsine niauensis) ;

- la présence d’espèces végétales endémiques à l’archipel des Tuamotu comme le palmier de Niau (Pritchardia pericularum) et la légumineuse Sesbania coccinea subsp. atollensis var. atollensis ;

- des espèces d’oiseaux endémiques et ou protégées comme le ptilope des tuamotu (Ptilinopus corallensis) et le martin chasseur de Niau (Todiramphus gambieri) ;

- des tortues marines vertes et imbriquées (Chelonia mydas et Erethmochelys imbricata) et des sites de ponte ;

- etc.

 

Les principaux usages du milieu naturel sont liés à la pratique des activités suivantes : pêche, plongée sous marine, perliculture, artisanat à base de produits naturels (bois, coquillages, tissus végétaux, etc.) et coprahculture.

 

Objectifs de la réserve

 

Les objectifs de la réserve correspondent à la philosophie du programme MAB et concernent :

- la conservation : des écosystèmes, des paysages, des espèces et leurs patrimoines génétiques ;

- un développement économique et social de la population qui doit se faire en respectant l’environnement ;

- la surveillance de l’environnement ;

- la recherche scientifique ;

- l’éducation à l’environnement ;

- l’implication des populations locales dans les processus de gestion.

 

Mode de gestion

 

La gestion de la réserve de biosphère de la commune de Fakarava s’articule autour d’un comité de gestion présidé par le Maire de la commune, d’un conseil scientifique, et de 5 associations basées dans les différents atolls habités en permanence.

Le comité de gestion est chargée notamment de mettre en œuvre de nombreuses actions : promotion de la réserve, informations des populations locales, programmes de recherche, des programmes éducatifs, etc. qui permettront de remplir les objectifs fixés.

 

Missions scientifiques et études réalisées

 

Plusieurs études ont été menées au niveau des atolls constituant la réserve, notamment lors de la mise en place du zonage de la réserve et des outils réglementaires.

 

Ont été réalisées des études :

- en géographie humaine concernant le rapport de l’homme à l’espace sur l’atoll de Fakarava ;

- sur les lieux les plus fréquentés des atolls de Fakarava, Aratika et Niau ;

- sur la faune ichtyologique (poissons), de la géomorphologie et de la biologie de l’atoll de Taiaro ;

- sur la variabilité temporelle des peuplements de poissons et des peuplements benthiques (coraux, mollusques et échinodermes) de l’atoll de Taiaro ;

- sur l’évolution de la faune malacologique de l’atoll de Taiaro ;

- sur les coraux actuels et fossiles de l’atoll de Taiaro ;

- sur les populations du crabe de cocotier (Birgus latro) de l’atoll de Taiaro en 1999 et en 2012 ;

- sur la diversité génétique de plusieurs espèces de poissons, des parasites de poissons de l’atoll de Taiaro ;

- sur l’étude de l’impact de la perliculture sur le milieu lagonaire dans les atolls de Fakarava et d’Aratika ;

- sur l’avifaune des atolls de la commune  ;

- sur la structure des communautés méga benthiques de Kauehi dans le cadre du programme TYPATOLL ;

- menées dans le cadre du programme  surveillance de la pente externe dont font partis les atolls de Aratika et de Fakarava  ;

- menées dans le cadre du programme CYEL de l’IRD sur les atolls de Toau et de Taiaro ;

- menées dans le cadre du programme TYPATOLL et le PGRN de l’IRD sur les atolls de Toau et Kauehi ;

- menées dans le cadre du programme ATOLL sur les atolls de Toau et de Taiaro ;

- menées dans le cadre du programme PROCfish sur l’atoll de Fakarava ;

- sur l’inventaire de la flore de l'ensemble des atolls ;

- sur la ciguatera sur l’atoll de Fakarava ;

- d’inventaire malacologique sur les atolls de Niau, Aratika et Fakarava.

- d'inventaire des sites culturels ;

- sur l'évaluation de l'agrégation de ponte des mérous camouflages (Epinephelus polyphekadion) dans la passe de l'atoll de Raraka ;

- socio-économique dans le cadre de la révision du label.

 

Actions menées

 

Plusieurs actions ont été menées dans le cadre de la réserve (liste non exhaustive) :

 

- Acquisition des connaissances scientifiques sur la réserve ;

- Régénération des cocoteraies ;

- Mise en place de panneaux et banderoles signalétiques au niveau des aérodromes de Aratika, Fakarava, Kauehi et Niau ;

- Mise en place d'un suivi des sites de ponte des tortues marines ;

- Actions d'éducations :

- formations de référents locaux pour le suivi des populations de tortues marines ;

- présentation dans les écoles sur des sujets relatifs aux études réalisées dans le cadre de la réserve ;

- organisation d'opérations de nettoyage des plages ;

- etc.

- suivi des populations du Martin Chasseur de l'atoll de Niau ;

- Mise en place d'une pépinière de kofai (Sesbania coccinea) ;

- Etc.

 

 

Situation actuelle

 

Depuis sa création, le comité de gestion s'est réuni régulièrement, 2 fois par an en moyenne.

Il a engagé récemment la révision des outils réglementaires de la réserve : PGA et PGEM.

 

Actuellement, le comité de gestion travaille sur le dossier de révision, pour l'examen périodique qui se fait tous les 10 ans.