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La petite fourmi de feu

 

Considérée comme l'une des 100 espèces les plus envahissantes au monde

 

 

La petite fourmi de feu (PFF), Wasmannia auropunctata, appartient au cortège des fourmis vagabondes (stramp species) qui colonisent le globe du fait de l’accroissement global des transports et échanges commerciaux.
Hors de sa zone d’origine en Amérique tropicale, cette espèce se comporte comme une espèce envahissante. Partout, où elle s’installe, elle est responsable de nuisances tant pour les sociétés humaines (nuisances pour la vie quotidienne, nuisances zoo-sanitaires et nuisances économiques) que du point de vue de la biodiversité et du maintien des écosystèmes naturels.

De part ses caractéristiques biologiques et de part son extension, W. auropunctata représente un problème majeur pour la Polynésie française. Signalée pour la première fois à Mahina en 2004, elle est aujourd'hui présente sur les îles de Tahiti, Moorea, Rurutu, Raiatea et Bora bora.

 

Pour voir les zones où elle a été répertoriée: www.tefenua.gov.pf (sélectionner la couche Colonie de petite fourmi de feu)

Comment la reconnaître?

  •  - les ouvrières sont de couleur jaune-brun et les reines sont noires
  •  - les ouvrières mesures un peu moins de 2 mm de long et les reines 5 mm
  •  - elles se déplacent lentement
  •  - seules les reines pondent des oeufs
  •  - sa piqûre est douloureuse et est ressentie pendant longtemps
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trouve-t-on la petite fourmi de feu ?

  • ​- Il n'y a pas de fourmilière, mais des nids regroupant plusieurs reines.
  • - les nids se trouvent dans des endroits humides, au sol, sous les cailloux, dans les arbres,
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• Mode de dispersion : par ses propres moyens sur quelques mètres (10 à 150 m par année (5)), et par l’homme sur de longues distances avec le transport de terre (pot de fleur), déchets verts, de marchandises à risque (matériaux de construction stockés en extérieur dans une zone infestée)
• Habitat : en milieux ouverts, en forêt, dans les clairières, chablis (dépression due à une chute d’arbre), zones agricoles et toutes zones perturbées. Elle établit ses colonies dans le sol et dans les arbres à tous les niveaux de la canopée (4)
• Régime alimentaire : omnivore, elle est très flexible et s’adapte à son environnement, graine, insecte, végétation, nectar, miellat de puceron, matière en décomposition (1)
• Reproduction : La reine est fertile à l’âge de 1 à 2 mois, elle commence à pondre 24 à 48h après fécondation, à un rythme de 30 à 70 œufs/jour . Ainsi la reine va produire un très grand nombre d’ouvrières stériles, quelques femelles (futures reines) et mâles sexués (1)

Quels sont les impacts de cette fourmi ?

Sur l'environnement
• Prédateur d’insectes endémiques, possède un venin mortel pour les arthropodes
• Responsable du déclin de petits vertébrés (lézard, jeune tortue) et invertébrés
• Rend aveugles les oiseaux endémiques

Sur la santé publique et qualité de vie
• Provoque une piqûre fortement douloureuse, venin très irritant pour l’homme, altère la qualité de vie des habitants en zone infestée (1)
• Pourrait provoquer des allergies graves (chocs anaphylactiques) chez les tout-petits et personnes âgées
• Rend les animaux domestiques (chiens et chats) aveugles

Sur l'économie et ressources
• Rend le travail dans les parcelles agricoles difficiles, et notamment le travail de cueillette (arboriculture et maraîchage), pouvant entraîner une augmentation du coût de la main d’œuvre ou un abandon des cultures (1)
• Rend les cochons sauvages aveugles qui peuvent ensuite mourir de faim
• Freine le développement des activités touristiques (1)
• Interfère avec les activités d’élevage : Prédation des couvains d’abeilles et émigration précoce des essaims, mortalité en petits élevages (poussins, lapereaux, …), évitement des zones contaminées par les bovins en pâturage (1)

Que peut-on faire contre cette fourmi ?

Peut-on éradiquer la PFF ? ... probablement pas. L’éradication des fourmis est très difficile, coûteuse et prends du temps. De plus si votre propriété est infestée, vos voisins le sont très probablement aussi. Donc même si vous parvenez à les éradiquer, les fourmis voisines prendront leur place.

• Prévention :

  • > Vérifier régulièrement la présence de fourmi électrique dans votre jardin 
  • > Éviter de propager l’espèce par le transport de terre contaminée, de déchets verts contaminés et de marchandises à risques contaminées (pot de fleur, engin, matériaux, ...)

> Sensibiliser le public et les professionnels
> Détection systématique lors de travaux nécessitant le déplacement important de matériaux
> Éviter tout transport de plantes d’une zone infestée vers une zone saine
> Si vous souhaitez tout de même transporter des plantes :
   - Déplacer-les à racines nues, sans la terre et rincer bien la plante à l’eau pour être sûr de ne transporter aucune fourmi
   - Traiter la terre du pot et la plante avec de l’insecticide contenant comme matière active carbaryl ou bifenthrin (2)

  • Limitons sa propagation!​
    Les témoignages montrent que la PFF s'est propagée sur Tahiti, Moorea et Rurutu par "bouturage". En effet c'est bien souvent en ramenant un pot de fleurs ou des déchets verts provenant de zones infestées vers une zone saine que les nouvelles colonies se sont formées. Il est donc primordiale de ne pas transporter de matériel infesté (pot de fleur, déchets verts, terres etc..) provenant d'une zone infestée vers une zone non infestée.

Comment détecter la petite fourmi de feu ? 
1. Laisser un bâtonnet enduit de beurre de cacahuète 30 minutes dans des endroits à l’abri du soleil, du vent, de la pluie et des animaux domestiques
2. Mettez ensuite le bâtonnet dans un sac plastique hermétique et transparent pour prendre le temps de l’identifier sans vous faire piquer
3. En cas de doute, déposer le sac plastique au 
SDR de votre île, ou appelez la DIREN au 40 47 66 66

La détection précoce d’un foyer permettra d’envisager son élimination par traitement complet de la zone. Dans le cas d’une situation plus avancée (surface plus grande), des tentatives de confinement des colonies, associées à l’élimination des foyers périphériques seront plus réalistes (7)

• Méthode physique : Les fourmis ne se développent pas en milieu ouvert, ensoleillé et sec. Une action mécanique visant à ouvrir le milieu peut aider à limiter le développement de la fourmi sur la zone d’action (1).

  • • Méthode chimique

Il est malheureusement difficile de lutter contre les fourmis, la plupart du temps, l’usage de sprays et autres poudres est sans grand effet. Certaines ouvrières seront tuées mais les colonies de fourmis se rétablissent très vite, et donc on doit traiter à nouveau pour être tranquille quelque temps, avant que, rapidement, les fourmis reviennent, et ainsi de suite.

Il y a des décennies de cela, des scientifiques cherchant de meilleurs moyens pour lutter contre les fourmis ont découvert que l’usage d’un appât était plus efficace. L’appât est fabriqué à partir d’une substance alimentaire qui attire les fourmis et qui est mélangé à une petite quantité de toxine à action lente. Les ouvrières se nourrissent de l’appât, et lorsqu’elles retournent au nid, elles en régurgitent une partie à partager avec les autres ouvrières et la reine. Cette approche s’est avérée plus efficace que les sprays toxiques et a en plus l’avantage d’un usage réduit de pesticides.

Pour être efficace, un appât doit plaire aux fourmis et contenir une toxine qui agit lentement. Si la toxine agit trop vite, les ouvrières mourront avant de retourner au nid, et ne partageront pas l’appât avec le reste de la colonie.

Elles ont beaucoup de petites colonies, chacune avec de nombreuses reines, et ont des nids aussi bien au sol, que dans les arbres et dans d’autres types de végétation. Toutes ces petites colonies sont inter-connectées et si l’une meurt, elle est vite régénérée par les colonies avoisinantes. L’un des problèmes auquel doivent faire face les propriétaires infestés est que pratiquement la totalité des appâts commerciaux sont sous forme de petites granules. Il est facile de les éparpiller sur le sol mais difficile de les appliquer sur de la végétation. Si seules les colonies au sol sont traitées, les fourmis dans les arbres alentour ne tarderont pas à revenir coloniser le sol. Les appâts en granules voient également leur efficacité annihilée par la pluie. Une fois les granules trempées, elles n’attirent plus les fourmis.

Privilégiez les appâts sous forme de gel.

Contrairement à une idée largement répandue, les fourmis ne mangent pas de nourriture solide. Elles consomment uniquement des éléments liquides.Les appâts liquides ou sous forme de gel n’ont pas les inconvénients des granules. Ils peuvent être appliqués sur la végétation, et adhérer aux feuilles et branches et sont plus résistants à la pluie. Toutefois, il est plus difficile de les appliquer comparé aux appâts en granules.

Il faut atteindre les reines!

Un colonie de fourmis, c’est : des ouvrières, qui ne pondent pas d’œufs, une ou plusieurs reines, des oeufs et des larves et parfois de nouvelles reines et des mâles. Seule une partie des ouvrières vont chercher de la nourriture pour le reste de la colonie. Les ouvrières ne vivent que quelques mois et donc la reine doit continuer à pondre des oeufs pour remplacer les ouvrières qui meurent de vieillesse. Si la ou les reine(s) s’arrête(nt) de pondre des oeufs, la colonie dépérit jusqu’à l’extinction.

ATTENTION :

s’ils sont MAL utilisés, les pesticides sont NEFASTES pour l’environnement et la santé .

 

Suivez les recommandations notamment en matière de dosage, équipement de protection….

 

 

La stratégie adoptée dépend du résultat recherche : 

• Traiter son jardin / sa propriété :
Pour une surface restreinte et les infestations modérées, épandre tous les 3-4 mois un insecticide sous forme d’appât à effets différés à base d’hydraméthylnon suffit.
Si l’invasion est importante, on peut compléter en utilisant un insecticide de contact à action rapide pour protéger la maison (voir schéma). 15 jours après avoir utilisé les appâts, épandre l’insecticide en longeant la maison sur 1 à 2 mètres de large. (2)

Attention : L’utilisation simultanée d’insecticides de contact à action rapide et d’appâts à action lente est à proscrire car les ouvrières doivent rester vivantes pour ramener les appâts au nid (2).

• Éradiquer une colonie de plusieurs hectare:
La surface de la colonie doit être traitée de manière méthodique avec un appât toxique à effet différé par épandage de granulés ou pulvérisation de gel. Par mesure de précaution, l’épandage sera poursuivit sur une bande de 20m au-delà de la limite connue de la colonie de fourmis. (1)
Le nombre de traitements nécessaire est variable selon les cas. Chaque traitement est donc suivi, après 1 mois, d’une visite de contrôle permettant de quantifier l’efficacité du traitement. Le suivi doit être effectué régulièrement pendant 2 ans après le piégeage de la dernière fourmi pour considérer l’éradication réussie.
Un projet d’éradication est donc à mener sur plusieurs années. Pour plus de renseignements, demandez conseils à la DIREN : invasives@environnement.gov.pf


 

accéder à + d'infos

Implantation de la petite fourmi de feu en Polynésie française  disponible sur Tefenua

Si vous avez pensez avoir vu la petite fourmi de feu sur une autre île que Tahiti, merci de nous faire un signalement 

 

Références

(1) Beauvais, M.L., Coléno, A., Jourdan, H. (Coords). (2006). Les espèces exotiques envahissantes dans l’archipel néo-calédonien. Collection Expertise collégiale. IRD Edition. 259p +Cd rom
(2) Hawaiian Ant Lab : http://www.littlefreants.com/ - Littla fre ant fact sheet 2 (Version 3: JUNE 2012) A Householder’s guide to managing little fre ant around the home http://www.littlefreants.com/LFA%20Fact%20Sheet%202.3.pdf
(3) Stein H. 2007. Pourquoi mettre en place une stratégie de contrôle et de lutte contre les espèces envahissantes en Polynésie française ? L’exemple de la Petite Fourmi de Feu, Wasmannia auropunctata. Master Développement Durable. Université de la Polynésie française.
(4) Orivel J., Dejean A. & Errard C. 1998. Active role of two ponerine ants in the elaboration of ant gardens – Biotropica 30: 487-491.
(5) Meier R.E. (1994) “Coexisting patterns and foraging behavior of introduced and native ants (Hymenoptera Formicadae) in the Galapagos Island (Ecuador)” In Willimas D.F. (ed.) : Exotic ants : Biology, impact and control of introduced species. Boulder CO, Westview Press : 44-62
(6) ANT MANAGEMENT - Little Fire Ant (Wasmannia auropunctata) - Compiled by the IUCN SSC Invasive Species Specialist Group (ISSG) : http://www.issg.org/database/species/reference_fles/wasaur/wasaurman.doc
(7) Bossin H., Padovani E. 2010. Audit des actions menées depuis 2006 en matière de lutte contre la Petite Fourmi de Feu Wasmannia auropunctata sur l’île de Tahiti. ILM

 

 

 

 

Animation petite fourmi de feu - PROE

Protection des îles - version tahitienne

La petite fourmi de feu en Polynésie Française

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Little Fire Ants--Treatment and Control

Gel Bait for Little Fire Ants

Fichiers à télécharger

Répartition de la Petite Fourmi de Feu