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La faune de Polynésie Française

  

 

La faune terrestre et d’eau douce

 

L’isolement de la Polynésie française explique paradoxalement la pauvreté et la richesse de sa biodiversité animale, et ce aussi bien pour les vertébrés que pour les invertébrés.

En considérant l'ensemble des espèces endémiques de Polynésie française, cette biodiversité est  non négligeable mais surtout unique !

 

A l’exception de l’avifaune (oiseaux), la faune polynésienne se caractérise par une grande pauvreté, particulièrement en insectes, en mollusques et surtout en vertébrés (10 espèces de reptiles et aucun batracien).

Au niveau des archipels, cette pauvreté en espèces augmente d’ouest en est. Les espèces indigènes sont en nombre réduit, compte tenu des potentiels  de dispersion qu’elles doivent posséder pour coloniser ces îles éloignées et de la faible diversité des milieux offerts. L’endémisme est par contre remarquable pour certaines espèces, les insectes principalement, en particulier dans les îles éloignées (Rapa, Mangareva, Marquises).

 

Les données de richesse spécifique sont reportées dans le tableau ci-dessous.

 

Groupe

Nombre d’espèces

Mollusques

 540 dont :

- 525 espèces de gasptéropodes terrestres (95% d'endémisme) ;

- 15 d'eau douce (dont 9 endémiques).

Arthropodes

2 843 arthropodes décrits en 2014 (dont 277 introduits et taux d'endémisme de 54%) :

- 2 409 insectes ;

- 337 arachnides ;

- 19 myriapodes ;

- 78 crustacés (terrestres et d'eau douce).

Le taux d’endémisme est de 100% pour certains groupes.

Poissons

37 espèces, dont 15 endémiques (9 aux Marquises, 4 aux Australes et 2 aux îles de la Société)

Reptiles

12 espèces de geckos et de scinques et une espèce de tortue d'eau introduite (Trachemys scripta elegans ou tortue de Floride)

Amphibien

0 espèce

Oiseaux

50 espèces (38 indigènes et 12 introduites)

Mammifères

12 espèces introduites recensées. Aucune espèce indigène. Plusieurs envahissantes ayant un fort impact sur la biodiversité

 

Cette richesse est également très fragile, le territoire de chaque endémique étant le plus souvent très restreint. De plus ces espèces se retrouvent souvent confrontées aux espèces invasives ainsi qu'à la destruction de leur habitat.

 

 

La faune marine

 

La biodiversité d’une île s’explique en général par des facteurs globaux, tels que la distance au centre de biodiversité de la région Indo-Pacifique, la taille et le type d’île (île haute ou atoll).

La Polynésie française se situe en fin de gradient de la biodiversité indopacifique ; elle constitue donc un terrain d’études des gradients de biodiversité et de connectivité particulièrement riche et privilégié. A partir de la zone de richesse maximale, située dans l’ouest Pacifique et le sud-est Asiatique, qui constituent la métropole de la province indo-pacifique et le triangle d’or (Philippines, Indonésie, Nouvelle-Guinée), le nombre d’espèces diminue graduellement vers le Pacifique Est.

 

La Polynésie est relativement pauvre en espèces marines, comparée à l’Ouest de l’Indo-Pacifique. La capacité de dispersion des organismes marins et leur taux d’endémisme, est pour partie liée au mode de développement et à la durée de leur phase larvaire pélagique. Les espèces à longue phase ont une large distribution tandis que les espèces sans ou à phase pélagique réduite ont généralement une distribution plus restreinte.

La Polynésie est éclatée sur une latitude de 20° et une longitude importante. La grande diversité géographique des archipels polynésiens (de la Société aux Marquises qui sont situées très au nord et à Rapa située au Sud), ainsi que la diversité des biotopes, bien distincts entre les îles de la Société et les Tuamotu, les Marquises et les Australes, se traduisent par des faunes aux caractéristiques différentes  d’un archipel à l’autre.

 

Au cours des dernières années, des compléments d’inventaires ont été réalisés menant à la découverte de nouvelles espèces endémiques, notamment dans des zones non encore ou peu expertisées comme les Marquises ou les Gambier.

Les groupes les mieux inventoriés sont les poissons et, pour les invertébrés, les coraux et les mollusques. Un effort important a été réalisé pour compléter l’inventaire des spongiaires, en revanche les gorgones et la faune des échinodermes sont encore très mal connues. Les  ascidies de Tahiti, Moorea et Tikehau ont été inventoriées. La richesse reflète souvent l’importance des inventaires ; ainsi à Rapa, le nombre d’espèces de mollusques estimé est passé en une mission de collecte de 140 à 512 espèces répertoriées et 600 estimées, ce qui témoigne de l’effort de récolte entrepris et de l’insuffisance des données sur les autres îles polynésiennes.

 

Les données de richesse spécifique sont reportées dans le tableau ci-dessous.

 

Groupe

Nombre d’espèces

Coraux

183 espèces

Poissons

1 193 espèces

Mollusques

2 500 espèces (20% d'endémisme aux Marquises)

Crustacés

1 125 espèces (décapodes et stomatopodes)

Reptiles

5 espèces de tortues marines et 1 serpent marin (Pelamis platurus)

Mammifères

21 espèces fréquentent les eaux polynésienne et 4 le pourraient

Oiseaux

28 espèces nicheuses